Soulagés d’avoir
trouvé une chambre (il est interdit de coucher chez l’Habitant non
autorisé qui est toujours un espion acheté par la Police), je tire nos
bagages du coffre de la voiture et je fais tomber à terre un kouglof
acheté à Strasbourg ; la brioche roule sous le véhicule. S’approche un
Monsieur aux cheveux tout blancs avec une fière allure d’aristocrate .
D’une voix douce, il interroge ma Femme en français : « Madame,
jetez-vous cette pâtisserie ? Si vous n’en voulez-pas, je la ramasserai
pour mon chien ? » Les Bulgares n’ont pas de chiens familiers car la
Police se les réserve ! Nous comprenons : le vieux Monsieur a faim !
Nous devinons que nous allons apprendre bien vite la valeur du « Pain
aux Hommes ».
Je réussis à
atteindre la brioche et je la tends à l’Homme. Très vite, il la cache
sous son manteau et se fond dans la nuit !
22 Avril.
Nous avons passé la nuit dans un hôtel minable. Le regard inquisiteur
des tenanciers, le silence de leurs conversations à notre approche, nous
font pressentir que nous aurons bien des difficultés à établir le
contact avec « l’homme de la rue ». En ce printemps 1968, le « Rideau de
Fer » est étanche ; les touristes de l’Ouest sont inexistants. Dès que
nous serons partis, la Milice Communiste du Village viendra enquêter sur
nos faits et gestes ; ne sont-ils pas persuadés que nous sommes des
espions en puissance à la solde des Américains ?
23 Avril. Ce
Dimanche de Pâques, il fait beau, très beau.
Le ciel est un immense dais de soie bleu tendre. Il est 6 heures du
matin. Nous « roulons » vers VARNA, une Ville au bord de la Mer Noire.
VARNA ! Nous n’avons pour tout repère que l’adresse du Pasteur
Pentecôtiste de la Cité ; il ignore parfaitement notre arrivée ; nous
n’avons jamais correspondu ; nous n’avons jamais vu sa photo !
Qu’importe ! Il
fait beau autour de nous et dans notre Foi : nous sommes riches : nous
allons vivre Pâques…deux fois cette année !
A 9 heures, nous
atteignons VARNA. Nous sommes déconcertés par toutes les indications de
rues en caractères cyrilliques (l’écriture Bulgare) et garons prudemment
notre voiture au pied d’un monument. Nous hélons un taxi. Une profonde
déconvenue nous attend. L’édifice qu’on nous avait présenté comme un
Temple… a été exproprié par le Parti : il est maintenant une
bibliothèque municipale qui présente dans ses vitrines les œuvres de
Marx et de Lénine !
Ma Femme est aussi
déçue que moi, mais elle suggère : « Derrière cette boutique, il semble
qu’un petit passage conduise à une cour : empruntons-le !
MIRACLE !
Dans cette cour, il y a un Homme de forte corpulence aux cheveux de
neige. Il est debout, tout seul, et semble méditer…Il est de dos et
soudain se retourne ! Ma Femme s’écrie : « Chéri ! C’est l’Homme de ma
vision ! »
Le Saint-Esprit
fait se reconnaître ceux qui appartiennent au Seigneur. Cet Homme qui,
sans nul doute, est le Pasteur que nous recherchons, tombe dans mes bras
avec un seul cri : « My Brother » (Mon Frère). Oui, il ne s’est pas
trompé : je suis un Frère !
Le Pasteur nous
introduit dans ce petit logement qu’on lui a laissé occuper Soudain, il
disparaît dans une attente qui se prolonge, angoissante . Puis il
revient triomphant, accompagné d’une Dame qui parle un français
parfait : elle est la Veuve d’un avocat qui le parlait aussi !
Voici notre
traductrice pour cette journée Pascale ( Se reporter au premier épisode
de « CONFIE A DIEU TA ROUTE » pour un récit complet de ce mémorable
Dimanche)
UNE ECLATANTE
CONFIRMATION !
Les guérisons, les
conversions et les miracles annoncés par le Saint-Esprit, se sont
produits comme dans la prophétie donnée à SAINT-DENIS, en ce jour de
Fête.
Mais, le soir,
contrevenant aux règles les plus élémentaires de prudence (un Bulgare
n’a pas le droit de monter dans la voiture d’un Etranger), le Pasteur
KOKONTCHE nous emmène visiter une grotte dans la montagne. ; refuge de
certains moines fuyant la persécution Turque de l’époque.
Ignorant tout de la
vision de ma Femme, il s’est placé de profil sur ce fond crayeux. Mon
Epouse pousse un cri : « Ma vision est reconstituée ! »
Il ne manque pas
une touffe d’herbe balancée par la brise !
NON ! LE
SAINT-ESPRIT NE FAIT JAMAIS D’ERREURS. !
CAR IL EST L’ESPRIT
DE VERITE POUR NOUS CONDUIRE, A DIT JESUS, DANS TOUTE LA VERITE !
( A suivre)
Reverend et Madame Charles Chaix
Résidant
a Sarcelles - France
Fondateurs de la Fondation Pain Aux Hommes
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de la Fondation Pain Aux Hommes en Haiti. Notre but se base principalement
sur l'évangélisation, l'éducation et le développement économique de tous.
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