Une modeste maison dans une
modeste rue sans caractère. Un escalier aux
dalles disjointes , véritable «
casse-cou » qui s’essouffle à grimper au Ier
étage . Il débouche dans une
pauvre Salle de Culte où nous entrons pour la
première fois.
Les Chrétiens sont environ
quatre vingt, serrés les uns contre les autres
comme pour se protéger mieux.
Jeunes et vieux.
Le Pasteur de PLOVDIV est
visiblement trop effrayé pour nous demander
d’apporte des salutations
auxquelles ma Femme et moi sommes habitués
depuis notre arrivée en BULGARIE.
Quand passe devant nous , le
plateau de l’offrande en fin de Culte, nous
plaçons discrètement quelques
billets sur la minuscule monnaie jaune.
Stupéfaction, l’homme de Dieu
s’arrête de chanter le cantique qu’il dirige
quand le diacre rapporte
l’offrande à la chaire ; il regarde fixement les
billets froissés , comme le «
miracle » de ce Dimanche ordinaire…duquel il
n’attendait. ..que l’ordinaire !
Après le Service, je demande à
ce Pasteur que je vois pour la première fois,
de m’indiquer le chemin des «
toilettes ». En ce lieu discret, au sous-sol, je
veux lui remettre « votre »
secours pour son Foyer , ses quatre Enfants.
Comment oublier le visage
anxieux de sa Fillette, ELISABETH aux longues
tresses noires qui se demande
pourquoi, remontant dans la Salle avec
« l’Etranger », son Papa a les
yeux rouges, rouges, comme s’il avait
beaucoup pleuré ! Pour calmer sa
frayeur, je m’accroupis au niveau de ses
9 ans et je l’embrasse en
murmurant « Petit baiser » dans sa langue
maternelle (Photo jointe au bas
du texte). Son sourire retrouvé prouve
qu’elle a bien compris qu’un
Policier ne se comporte pas ainsi et elle est
soulagée !
Oui, notre Frère a beaucoup
pleuré au sous-sol ; il est tombé à genoux
devant moi , de reconnaissance
et j’ai dû le relever.
Alors, il m’a conté son «
histoire ». ELISABETH a deux Frères. L’un d’eux
devait partir à l’Armée ; lui,
le jeune homme si mince aux allures de Gamin
grandi trop vite . Un jour,
arriva la convocation militaire. Par la suite,
JEAN ne bénéficia d’aucune
permission : SON PERE ETAIT PASTEUR .
Alors, il fut affecté dans un
régiment DISCIPLINAIRE !
Un matin ; JEAN fut démobilisé
et revint chez lui. Il ne parlait pas,
indifférent à tout et à tous.
Ses Parents remarquèrent, avec effroi, que
toutes ses dents étaient brisées.
. Interrogé, le Garçon répondit : « Je suis
tombé ! » C’était parfaitement
impossible à admettre. Un jour, JEAN
refusa de sortir dans la rue ;
obstinément. IL AVAIT PERDU LA
RAISON !
En rentrant un soir d’une
Réunion, le Pasteur, sa Femme, Elisabeth,
trouvèrent la maison déserte.
C’est ainsi que JEAN disparut !
Discrètement, la Famille
consternée entreprit des recherches secondée par
les Chrétiens. Peine perdue !
JEAN avait bel et bien disparu !
Il était hors de question qu’un
Pasteur puisse soumettre son problème
familial au « K.G.B » Bulgare
qui hait l’Homme de Dieu » et sa foi !
Un Médecin de la Ville consulté
clandestinement, reconnut que ce Fils de
Serviteur de Dieu avait été
cruellement frappé à l’Armée ; au point d’en
perdre, non seulement ses dents,
mais la raison !
Une fois, son Père le rencontra
: il errait sur un marché, sale et en haillons .
Le père posa doucement la main
sur l’épaule de son Enfant ; ce dernier ne
le reconnut même pas et murmura
: « Je suis bien, laissez-moi » !
Tous les ennuis de cette Famille
commencèrent le jour ou un Touriste
Chrétien, trop sûr de sa
personne (convaincu que tout ce qui était raconté
sur les « Pays privés de liberté
» était faux ou exagéré !) demanda dans la
rue à un Bulgare parlant anglais
: « Accompagnez-moi chez le Pasteur de
PLOVDIV ! » Ce service rendu, le
« passant » se rendit au Siège de la Police
Politique « dite Milice » et le
dénonça ! Le pauvre Pasteur fut convoqué.
Motif ? CONTACT AVEC L’OUEST !
Ce fameux jour, pour cette Famille,
le « chemin étroit » se
transforma en « étau ».
Nous apprenons ce jour, qu’une
Organisation Chrétienne adresse
régulièrement des Bibles dans le
Pays sous des noms d’expéditeurs
différents. Mais pour entrer en
possession de ces volumes, il faut que le
contenu du paquet soit accepté
par les Pasteurs intéressés »…en présence
de l’abominable Police…qui leur
tend le colis bien ouvert !
Nous vous laissons le soin de
conclure !
En l’an 2001, nous avons revu
cette Famille dans une Bulgarie devenue
« démocratique ». ELISABETH est
mariée, Mère de Famille. JEAN est
toujours un malade mental. Le
Pasteur a bien vieilli et son Fils le seconde.
Son Epouse souffre d’une maladie
de Parkinson.
Et leur misère colle à la peau !
Une fois de plus, nous leur remettons
l’argent que les Donateurs
Français ou Suisses nous ont confié : un secours
qui est pour eux un don du Ciel
!