PLOVDIV ! En ces
jours de « Foire Nationale », la Ville ensoleillée frisonne de tous ses
drapeaux sortis le temps de l’exposition. De gigantesques panneaux
tentent en vain de galvaniser un Peuple qui, visiblement « traîne les
pieds ». On nous a traduit celui-ci à la porte du magasin CORECOM :
« Conduis-nous parti Communiste aimé ! Il faut transformer en œuvres les
décisions du Parti ! L’Amitié avec la Russie est pour nous aussi
importante que le soleil ! »
Hier , nous avons
cherché en vain dans les magasins d’état, une machine à écrire. En
posséder une dans ce Pays , n’est pas chose facile : son numéro
matricule doit être déposé au poste de Police locale, ainsi qu’un
exemplaire des caractères utilisés ! Ceci pour le contrôle du courrier
qui pourrait circuler…et « menacer la sécurité de l’Etat » !
Le magasin ouvre
enfin ses portes. Devant nous, quelques personnes censées acheter avec
des devises étrangères. Nous pensons que chacun pourrait être un
« acheteur de machine ». Ma Femme, dès l’entrée, repère, près du
comptoir, une machine portable : UNE SEULE ! Prise de panique à l’idée
qu’un éventuel acheteur pourrait nous la soustraire, elle se couche
littéralement sur elle pour la cacher ! Nous sommes sensés l’acheter,
non pour l’offrir (c’est interdit) mais pour la ramener en France ! Et
la vendeuse qui parle un peu français précise : « Vous avez de la
chance : c’est la seule machine en vente dans toute la Bulgarie ! »
Il se fait tard.
Nous ne retournerons à POPOVITZA que demain , Dimanche.
UN PREMIER DIMANCHE
ENSEMBLE !
Quelques kilomètres
séparent PLOVDIV du Village. C’est un jour comme les autres. Les
employés des fermes collectives travaillent aux champs. Pour eux, pas de
repos dominical. Les cinémas ne fonctionnent que le Dimanche matin pour
tenter d’empêcher les Bulgares d’aller dans un lieu de Culte !
Nous poussons la
porte de bois du jardin de nos Amis ; son grincement attire SILKA sur le
seuil, en haut des escaliers. Elle pousse un cri de joie. Derrière elle,
VASSIL ; il revient du Culte qu’il a célébré devant une dizaine de
Paysans . Il est majestueux dans le costume sombre qu’il devait porter
à SOFIA, dans sa grande Eglise de la vue Kolarov.
Mêlant le Bulgare
et l’Anglais, il se jette sur nous et ses mains d’aveugle essaient de
modeler nos visages.
Et SILKA explique :
« Le couvert est disposé sur la table depuis hier. Mon Mari et moi, nous
avons pensé et dit : « Si GEORGETTE et CHARLES reviennent et mangent
notre repas, nous saurons réellement qu’ils ont un corps ; qu’ils sont
des êtres humains et non pas des Anges de Dieu »
Nous nous arrachons
aux bras de notre Amie et posons sur le clavier de la machine à écrire,
les longues mains de VASSIL torturées par la prison !
Ebloui par cette
découverte, un long sanglot le secoue. Tous les émerveillements de notre
Ami sont traversés de larmes abondantes.
Il est bon de ne
pas « sectionner » les larmes de celui qui pleure : c’est pour lui un
soulagement.
SILKA parle
longuement de son Pays malheureux ; de ces petites choses qui font leur
quotidien ; du passé ; tout se mêle. La machine à écrire lui ouvre
l’horizon. Elle va pouvoir « taper » les prédications de son Mari et
les diffuser à des Amis sûrs. Pour elle, c’est un peu l’évasion vers la
Capitale aimée : SOFIA.
Vassil
s’impatiente : il voudrait que tout lui soit traduit ; il voudrait tout
comprendre ; tout savoir ; ne rien perdre de cette suite d’heures trop
brèves que rythme la sonnerie impitoyable du carillon accroché au mur !
Nous regardons
autour de nous et la réalité s’impose. Nos Amis sont dépourvus du
nécessaire le plus strict. Cette masure est moins qu’inconfortable.
Sortir nos Amis de ce taudis : l’obsession prend naissance dans notre
esprit et s’y enracine. Au cours des prochains voyages, nous apporterons
l’argent nécessaire qui leur permettra d’acquérir un logement décent.
Nous voulons
« racheter » le temps en faveur de nos Amis ZIAPKOV ; afin qu’ils
réalisent bien que le Seigneur a recueilli et exaucé leurs vingt et une
années de prière solitaire ! Vingt et un an : le temps d’une
génération ! Vingt et un ans de persévérance dans la foi ferme à
travers les grandes eaux en furie !
Nous savons que
nous ne pouvons réaliser ce que ce Couple a vécu ; pourtant, avec la
Grâce du Seigneur , ils l’ont vécu !
C’est l’automne !
Mais nos Bien- Aimés secourus passeront un hiver moins difficile. Le 8
Novembre, notre Amie écrira : « Depuis quelques jours, grâce à vous,
nous avons un chauffage à mazout. Il nous parle de l’Amour de Dieu et de
la charité de Ses Saints. C’est l’une des plus grandes joies et l’un des
plus grands conforts que nous ayons eu depuis des années. Il nous
rappelle que le Seigneur est vivant et veille sur les siens « …
(A suivre)
PHOTO :
V. ZIAPKOV annonce l’Evangile dans le petit Temple du Village devant une
dizaine de Paysans. A l’orgue, son Epouse qui porte une perruque achetée
chez nous. De souffrance, elle avait perdu ses cheveux !
Merci d'avoir visité le site Web officiel de Radio Shekina International,
une Institution de la Fondation Pain Aux Hommes en Haiti. Notre but se base
principalement sur l'évangélisation, l'éducation et le développement
économique de tous.
Nous accueillons toutes les suggestions afin de faire de cette Station de
Radio l'une des plus écoutées et des plus utiles de la communauté.