Le « rideau de
fer » ! Cette expression fut utilisée pour la première fois, par le
Premier Ministre Anglais WINSTON CHURCHILL pour désigner la
« frontière » qui séparait l’Ouest des Pays de l’Est sous le joug
dictatorial
du Communisme
depuis le partage de la conférence de YALTA en 1945.
Il nous faut pas
moins de quatre journées de route pour rallier la BULGARIE depuis
Paris : cette petite Nation que STALINE asservit ; cette Terre
considérée comme une province Russe.
La route ! C’est un
long ruban de 1500 kilomètres via la Suisse, l’Italie, l’interminable
Yougoslavie. Route si accidentée, que les automobilistes la nomment
« La route de la Mort ». Tout au long du trajet, des croix de bois
fleuries de fleurs artificielles, signalent l’emplacement d’un accident
mortel ; parfois, 7 ou 8 côte à côte !
VOYAGE DE MAI
1971. La pluie nous accompagne comme elle le fait souvent en Mai dans
ces régions de l’Est : fine, insidieuse.
Notre objectif
premier est de gagner le plus rapidement possible, notre point de
rencontre près de PLOVDIV pour remettre aux Frères persécutés et
démunis, le fruit de notre récolte financière (Française et Suisse) en
leur faveur. Pour agir avec le maximum de sécurité, nous avons bourré
l’argent dans une portière avant de notre Citroën ; argent étranger
formellement interdit derrière le « Rideau ».
Le soir descendu,
nous stoppons au premier camping ; il est désert, abandonné ; une sorte
de terrain vague.
La nuit enfin
tombée, je dégarnis l’intérieur de ma portière. Horreur ! L’eau s’est
infiltrée et nos billets de banque ne sont plus qu’une masse
dégoulinante ! La panique me saisit que ma Femme apaise. A l’intérieur
de
notre caravane,
nous tendons des ficelles ; suspendons les billets comme on étend le
linge …avec des pinces ; allumons le chauffage ; une douce vapeur
s’élève ; le fer à repasser fera le reste !
Notre précieux
butin, comme neuf, est échangé sans problème à l’Ambassade de France à
SOFIA ; et nous nous retrouvons avec une boite à chaussures pleine de
LEVAS (la monnaie du Pays) ; mais sans les fameux bordereaux de change
obligatoires (aucune monnaie étrangère ne peut être changée hors des
officines du Parti !
Il nous semble que
tout Sofia nous regarde ; que nous sommes l’objet de la curiosité de
tout Policier qui tourne la tête de notre côté ! Le « suspens » est
insoutenable ; nous luttons contre l’étreinte de l’angoisse et de la
peur. Notre respiration est une prière permanente vers Celui qui nous a
envoyés en Mission.
Jusqu’à la Ville de
Plovdiv, aucun incident sérieux ; mais nous n’avons qu’une obsession :
nous débarrasser de cette somme le plus rapidement possible ; cette
boite à chaussures nous parait une grosse malle que chaque passant
observerait ! Nous mesurons toute la puissance de la PEUR : la vraie !
Celle qui faisait hurler de terreur les Disciples sur le Lac de
Tibériade en furie. Mais au-delà de cette peur, s’est élevée la voix
calme de Jésus, sorti du sommeil par le tumulte des flots et les cris !
A PLOVDIV, je suis
près de la panne d’essence ; il faut m’arrêter pour faire le « plein »
car les pompes sont rares sur la route ! Et voilà que la préposée se
trompe de tuyau ! Ce n’est pas le carburant réclamé ! Notre voiture
n’est plus qu’une brouette hoquetante, sans cesse au bord du « Stop » !
Que devenir si je tombe en panne et que la voiture soit expertisée ?
Enfin, le Village
de POPOVITZA dont nous parlerons longuement en d’autres épisodes, lors
de rencontres avec nos Amis qui nous faisaient « toucher le Ciel » !
Le bonheur du
revoir ! Mais nous ne nous attardons pas ! Notre Sœur en Christ, SILKA
ne dévoilera jamais à son Mari le montant de la somme apportée. Elle a
« peur de sa peur » : il est cardiaque et la terreur d’être « pris » le
tuerait !
15 AOUT 2009.
En ce paisible matin d’été, le soleil se lève sur les souvenirs évoqués.
Une lumière dorée nimbe les peupliers de la Résidence Malesherbes. Et je
pense à ces Amis qui ont rejoint la Patrie Céleste !
Moi, GEORGETTE,
j’ai accompagné mon Epoux dans tous les périples qu’il a accomplis avec
un courage qui frisait toujours l’héroïsme.
Certes, le Seigneur
l’a arraché à la cécité comme l’aveugle Bartimée de l’Evangile. Mais il
ne voit que d’on œil et il conduisait un attelage de 12 mètres (voiture
x caravane) ; ce qui est strictement interdit en Bulgarie pour un
« infirme ». Mon Mari a bravé tous les dangers de ce Ministère si
particulier ; bien seul parfois sur la route avec des difficultés
mécaniques !
Je rends hommage à
mon Epoux à la fin de cet épisode, car je suis fière de lui !
SI c’ETAIT A
REFAIRE AUJOURD’HUI, SANS HESITATION, IL REPRENDRAIT LA ROUTE !
PHOTO : Mon Mari
doit s’improviser mécanicien sur une route Bulgare défoncée !
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