Introduction.
Ne t’imagine pas, cher Ami lecteur, que ces
épisodes ont pour but de présenter notre Couple comme un « Héros » qui
se tresse une couronne de lauriers ! Nous ne sommes pas des « Zorros »
évangéliques (bien que nous connaissions une Femme de Pasteur qui
surnomme ainsi son Epoux !). A travers les difficultés et les peines
personnelles que nous relatons sur nos périples en BULGARIE, c’est
toujours la souffrance et les conditions de nos vies de nos Bien-aimés
Frères qui sont sous jacentes afin que vous les compreniez. C’est là
notre but unique :
UN MEDECIN
BULGARE NOUS EXPLIQUE
« Mes Contemporains
supportent relativement bien la souffrance morale, résultat de 25 années
d’échine quotidiennement courbée. Par contre, la joie brutale, intense,
peut leur être fatale car ils en sont privés depuis trop longtemps ! Ils
ont grandement besoin de cette joie, mais elle peut les tuer si elle
n’est pas progressive.
Je vous donnerai un
exemple personnel, ô combien. Depuis que vous êtes arrivés chez nous,
Georgette et vous, vous que nous avons attendus toute une année, le
sommeil nous a tous quittés parce que nous sommes heureux intensément
heureux !
Voici un récit
authentique vécu par un de mes Collègues: Un Malade de BURGAS ,
interrogé par son Médecin qui le soignait depuis de longs mois pour une
grave affection cardiaque, s’entendit poser la question suivante qui
avait pour but de le préparer à un héritage imprévu : « S’il vous
arrivait de recevoir une grosse somme d’argent, qu’en feriez-vous ? »
« Oh, Monsieur,
répondit l’homme, vous me traitez avec une telle compassion…que je vous
en donnerai la moitié ». Et le Docteur s’ effondra au pied de son
patient, frappé par un infarctus du myocarde : »
CETTE FOI QUI
FAIT VIVRE !
Lors de notre
dernier voyage, la souffrance de nos Frères était insupportable ; MAIS
QUELLE FOI ADMIRABLE devant la situation qui empire !
Nous visitons avec
le Président des Assemblées de Dieu Bulgare, le Pasteur DINOV, le
Responsable de l’Eglise d’AKELOI (Où j’avais clandestinement annoncé
l’Evangile et prié pour les Malades ; un homme qui avait perdu la vue
partiellement, l’avait recouvré ce jour de Pâques 1968- épisode 2) qui
est hospitalisé à BURGAS.
Ma Femme,
Infirmière, peut visiter les locaux de soins accompagnée par un Médecin
de l’Etablissement. Elle en ressort effrayée.
Travaille là un
personnel non qualifié avec des moyens archaïques. Ce Pasteur ,
souffrant d’une hémorragie cérébrale avec paralysie, a eu, dans cet
hôpital , l’intestin perforé par un lavement mal administré. Sans
vérifier l’origine des souffrances intolérables supportées par notre
Frère, un chirurgien a pratiqué un anus artificiel…jusqu’au jour où un
énorme abcès est venu en surface.
Aux portes de la
mort, ce Bien Aimé Frère demandait au Seigneur de ne pas le reprendre
avant de recevoir notre visite.
Quand nous entrons
dans sa petite chambre, ses sanglots de joie nous arrachent à tous
d’abondantes larmes ; je les vois couler des yeux du Président DINOV.
Mais il y a, dans
le second lit de la pièce, le PERE D’UN POLICIER et le Fils est à son
chevet, attentif ! La surveillance du Parti s’exerce jusqu’au chevet
d’un Pasteur mourant !
PATIENCE ET
FOI !
On ne connaît pas
quelqu’un en « passant » chez lui comme un météore. Il faut laisser aux
Chrétiens le temps de vaincre leur légitime peur du Frère Etranger.
Il faut « savoir
perdre du temps » mais ce n’est qu’apparence.
Il faut savoir
tirer une chaise branlante auprès du lit où souffre un vieux Pasteur
vaincu par les épreuves, mais couché comme un soldat ; lui prendre la
main et la tenir en la serrant. Certes, ce n’est pas spectaculaire ;
mais nous en avons vus repartir « à l’assaut » le lendemain, par la
force du Seigneur que nous leur avions communiquée ! Tout n’est que
Grâce et nous ne sommes que des instruments !
Le Pasteur Richard
WURMBRAND que nous avions rencontré à Paris dans un entretien privé,
nous disait un jour : « Qui peut affirmer qu’il ne parlera pas sous la
torture ? »
« PRENDRE DU
TEMPS » ! C’est le prix à acquitter pour qu’un travail solide, une œuvre
stable, puisse voir le jour et prospérer en secret derrière « LE
RIDEAU DE FER »
(A suivre)
PHOTO :
Sur le toit d’une maison Bulgare, un couple de cigognes qui connait ,
lui, la LIBERTE refusée aux hommes !
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