C’était
le 29 Janvier 1962 par un bel après-midi d’hiver.
Mon Mari
et moi avions choisi une promenade en voiture non loin de Sarcelles ;
par une route peu fréquentée et sans histoires. Nous roulions
paisiblement en nous entretenant des « choses qui concernent le
Royaume de Dieu.
Dans
l’agglomération de FROISSY, un bourg sans importance, ce fut la terrible
collision entre notre véhicule et un camion chargé de 7000 litres
d’essence. Le camion nous traina sur plus de 10 mètres.
Ma mémoire
n’a gardé aucun souvenir des lieux et du choc.
En
attendant l’ambulance, je fus sauvée du froid glacial grâce au manteau
que portait mon Mari : Un Pasteur d’Afrique noire qui ne voyait pas
comment utiliser ce vêtement trop chaud qu’une Chrétienne lui avait
offert, l’avait donné à mon Epoux la veille… Merveille de l’Amour de
Dieu pour qui nos cheveux même ont de l’importance !
J’étais
dans l’inconscience totale. Dans le coma.
L’arrivée
à l’hôpital est un « trou noir ».
Soudain,
je me trouvai, en esprit, dans un lieu éclatant de beauté ; tout y était
blanc avec des parterres de fleurs blanches : c’était comme un grand
jardin sans aucune autre couleur. J’étais environnée d’un blanc
lumineux, irréel, féérique.
Au centre
du Jardin, se tenait un homme dont je ne voyais pas le visage ; mais sa
stature était impressionnante ; très haute. Il me dominait ; toute la
blancheur du lieu irradiait de sa personne.
J’avais le
sentiment très net, que s’il se retirait, toute beauté s’enfuirait avec
lui et cette éventualité me procurait une souffrance presque physique.
Je
réalisai tout à coup, que je me trouvais dans le Paradis de Dieu , et
que l’homme à la robe immaculée, était Jésus. Sa Sainteté semblait être
ma condamnation et je fus soudain emplie d’une grande crainte.
Moi qui ne
gardais aucun souvenir de ce qui venait de se passer « en bas », j’eus
ce cri déchirant : « Seigneur, ce qui m’est arrivé n’est que justice ! »
J’avais le sentiment que je venais de subir un châtiment, un juste
condamnation bien méritée. Je me sentais misérable et combien j’avais
peur !
Le
Seigneur qui me dominait toujours, se saisit alors d’un livre très épais
qu’Il ouvrit en son milieu.
Je
m’attendais à y lire toute la liste de mes fautes ;mais je vis que les
deux pages du document qu’il me montrait, étaient blanches, lumineuses
comme tout ce qui m’enveloppait !
E la voix
du Seigneur se fit entendre ; elle n’était pas celle d’un redoutable
justicier….MAIS CELLE D’UN SAUVEUR !
Jésus me
dit : « Ne te souviens-tu pas que dans ma Parole, il est écrit : « Le
sang de Jésus Son Fils, nous purifie de tout péché ? » O l Mystère
insondable du Sang de la Croix !
C’est
alors que la frayeur du jugement fit place à l’allégresse. Je compris
que le Seigneur est capable d’agréer la conversion d’une Enfant de 10
ans et de l’inscrire dans le Livre de Vie. Je compris que je ne
m’étais pas trompée lorsque je me sentais, petite Fille, toute proche de
ce Bon Berger pouvant aimer un agneau fatigué moralement, par la
maladie et la misère qui régnaient dans ma Famille !
Oui, je
réalisais tout cela : l’Amour d e Dieu en Jésus-Christ ; le pardon
absolu qui efface les iniquités.
Si bien
dans ce merveilleux environnement et dans cette divine Présence, j’avais
le désir de ne point m’en aller et de rester là pour l’Eternité ! C’est
alors que le Seigneur me dirigea vers une porte que je ne voyais pas
mais qui me semblait être une « sortie ». Et le Maître eut ces mots,
toujours de la même voix : « Ton Bien-Aimé est indemne, et je vous
réunis encore ! ».
Brusquement « redescendue », mais avec une vision spirituelle
renouvelée, j’entendis les hurlements de quelqu’un qui semblait souffrir
beaucoup. Ouvrant les yeux, je réalisai que c’était moi qui criais,
allongée sur un lit d’hôpital. Dan cet affreux hôpital, personne n’avait
pris soin de fixer sur une attelle mon poignet gauche fracturé avec une
large plaie ouverte ; à chaque mouvement de mon corps, il souffrait
d’une douleur qui empirait. J’ignorais que j’avais aussi une fracture de
la face.
Sur tant
de souffrance physique, la porte de ma chambre s’ouvrit soudain et mon
Mari entra. Il était sorti parfaitement indemne de ce terrible accident
de la route qui aurait pu nous tuer tous les deux.
Quelle
reconnaissance monta alors de nos cœurs malgré notre situation
dramatique !
Baignée
dans l’expérience spirituelle que je venais de vivre, je ne cessais de
répéter : « Mais que c’est beau ! Mais que c’est beau ! »
Dès qu’il
me fut possible de saisir un papier et d’écrire, je composai le poème :
LA CITE DE DIEU !
« De la
Cité de Dieu, le Soleil et le Temple :
Ce sera
toi, Seigneur !
La Main
qui voilera le souvenir des larmes :
Ce sera
Toi, Seigneur !
Le Corps
incorruptible qui, à Ton Corps, ressembe :
Ce sera
Toi, Seigneur !
La Paix
sans un remous, étrangère aux Armes :
Ce sera
Toi, Seigneur !
La Vie qui
ne tient pas le compte des années :
Ce sera
Toi, Seigneur !
Le Service
parfait dans la digne Louange :
Ce sera
Toi, Seigneur !
L’Amour
qui ne sait pas « aimer moins…plus aimer « :
Ce sera
Toi, Seigneur !
Mystère de
l’Agneau révélé aux Archanges :
Ce sera
Toi, Seigneur !
L’Alpha et
l’Oméga, le Premier, le Dernier :
Tu es pour
moi, Seigneur !
Parce que
Tu vis en moi, je goûte la Cité, où Tu m’attends , Seigneur !
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Reverend et Madame Charles Chaix
Résidant
a Sarcelles - France
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