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ADULTE A CINQ ANS !

 

Première partie du témoignage de GEORGETTE CHAIX

 

Je suis née dans un petit  Village de la Drôme, LORIOL, sans grande histoire locale La légende seule conte  qu’il doit son appellation au grand nombre d’un oiseau qui proliférait dans les temps anciens : Le loriot !

 

Ma famille aurait pu être de « classe moyenne » si mon Père avait exercé son métier d’ébéniste et ma Mère, maintenu son emploi de secrétaire chez l’éditeur Parisien bien connu Flammarion . Mais la MALADIE allait établir son funeste campement chez nous !

Le lendemain de leur mariage, commença le drame : mon Père se baissa à un certain moment pour lasser ses chaussures et lui fut impossible de se relever, frappé par une maladie de Parkinson foudroyante ! Il ne put  jamais travailler pour gagner notre vie !

Mes Parents devaient vivre à Paris, mais ils durent se replier chez mes Grand- Parents paternels à Loriol .

Mon Grand- Père était manutentionnaire  dans une usine pharmaceutique ; ma Grand-Mère femme de chambre chez les châtelains du Village.

 

Un seul chemin s’ouvrait pour Maman : travailler dans la filature de soie de Loriol ; le dur labeur de l’usine qui appelait ses ouvriers mal payés à 7 heures le matin.

 

Je ne connus de l’enfance que l’âge et non les joies ! Dès cinq ans, tandis que Maman travaillait, j’avais Papa en garde ; je soignais de mon mieux ses crises paralysantes avec  des compresses mouillées sur son front ; je grimpais sur un petit fauteuil d’osier que je tirais près de son lit .

 

Maman m’enseigna l’Evangile très tôt. Orpheline, elle avait été élevée par un Pasteur Anglais et sa Femme. Et je « buvais » cet  Evangile . A 5 ans, je récitais  sans l’ombre d’une hésitation, quelques longs cantiques de l’Eglise Réformée que nous fréquentions. Mais l’angoisse du lendemain, commença

 à pointer son nez dans mon esprit ; je me sentais vieillir !

La maladie grignotait à dents pointues nos faibles revenus. Un jour, Maman annonça que nous ne mangerions plus de viande qu’une  fois la semaine ; le Vendredi, elle était moins chère et je me « battais » pour le privilège d’essuyer avec du pain le fond de la poêle dans laquelle avait cuit le morceau !

 

L’éprouvante servitude de l’Usine où elle travaillait dans une atmosphère moite  de vapeur d’eau et les privations, ruinèrent la santé de ma Mère.  J’entendis pour la première fois prononcer à voix basse le mot terrible : TUBERCULOSE ! J’avais 8 ans. Je revois notre Malade qu’un Infirmier emportait, légère comme une plume entre ses bras, jusqu’à l’ambulance de l’Hôpital de VALENCE. Quelques mois plus tard,  elle nous revint mal rétablie ; interdite de travail, contrainte pour la vie aux longues heures de repos !

 

Tout ce qui me restait d’enfance, bascula le jour où mon Grand Père fut terrassé à table par une hémorragie cérébrale … lui qui me rassurait, car il me semblait solide comme un roc de sa Savoie natale ; le dernier à pouvoir « craquer » ! Sa maladie soufflait la bougie de ma paix enfantine en ouvrant la porte au Géant de la Misère, car il ne pourrait plus jamais travailler ! Nous devînmes rapidement des « Assistés », inscrits sur la liste des Indigents du Village.

 

J’appris à écrire ces lettres de gosse qui peuvent inspirer la charité chrétienne d’une Personne bien  nantie . J’appris à guetter le passage du Facteur  susceptible  d’apporter une réponse positive à mon petit courrier ; mais il franchissait bien rarement le seuil de notre porte ! J’appris surtout qu’il faudrait déménager chaque fois que notre Propriétaire augmenterait le loyer !  Je ne savais pas que la Guerre de 1939 nous surprendrait dans un trois pièces … où nous n’aurions même plus l’électricité !

 

Je ne m’attarderai pas sur les drames que je vécus , peu , avant et  durant cette période sur plusieurs et longues années !

Pourtant, il est indispensable que je les mentionne : en effet, ils conduisirent ma désespérance totale aux pieds du Bon Berger de l’Evangile !

 

J’étais toute petite quand l’Evangéliste Anglais Douglas SCOTT, apporta jusqu’à LORIOL, le message de la Pentecôte ; message qu’accepta le Pasteur de l’Eglise Réformée mais pas tous ses Paroissiens.

Une division de l’Eglise s’ensuivit et cette atmosphère empoisonna mes 10 ans ! Oui ! La « Pentecôte » avait raison dans les quatre points essentiels de l’Evangile : « Jésus sauve ; Jésus guérit ; Jésus baptise de l’Esprit ; Jésus revient ! »

Maman ouvrit largement notre Salle-à-manger aux Réunions de Réveil . Contrainte d’aller me coucher tôt, il  m’arrivait souvent de laisser en requête sur la table du Prédicateur « Faites chanter pour moi : « Sur Toi je me repose, O Jésus mon Sauveur ». Et le chant des cantiques montait l’escalier qui conduisait au premier étage  à travers ma porte grande ouverte !

 

                                                                               ( A suivre)

 

 

 

 

Reverend et Madame Charles Chaix

Résidant a Sarcelles - France

Fondateurs de la Fondation Pain Aux Hommes

 

 

                      

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